La chaîne de blocs (en anglais : blockchain) est une base de données distribuée qui gère une liste d’enregistrements protégés contre la falsification ou la modification par les nœuds de stockage. À proprement parler, une blockchain est un historique décentralisé des transactions effectuées depuis le démarrage du système réparti.

Entre Internet (TCP-IP) et la blockchain existent des parallèles puisque ce sont tous les deux des protocoles permettant la création d’une infrastructure décentralisée. Néanmoins, là où Internet transfère des paquets de données d’un point A à un point B, la blockchain permet à la « confiance » de s’établir entre des parties distinctes1.

La blockchain – et l’ensemble des protocoles décentralisés de vérification des échanges – pourraient avoir un impact très important pour les États, qui se trouvent questionnés dans le monopole de la monnaie et des transactions financières, mais aussi pour les banques et l’économie tout entière2,3,4.

De nombreuses voix se sont élevées, en France comme à l’étranger, pour souligner l’aspect révolutionnaire de cette technologie, et les changements structurels qu’elle peut apporter à la société toute entière5,6.

Fonctionnement de la chaîne de blocs

La chaîne de blocs (blockchain) est la mise en œuvre de la solution du problème des généraux byzantins. Ce problème mathématique consiste à s’assurer qu’un ensemble de composants informatiques fonctionnant de concert sache gérer des défaillances ou malveillances. Le système doit être capable de maintenir sa fiabilité dans le cas où une part minoritaire des composants enverrait des informations erronées ou malveillantes pour contourner la vérification de la double dépense.

Pour résoudre cette difficulté, le protocole utilise un système cryptographique fondé sur un système décentralisé de preuves : la résolution de la preuve nécessite une puissance de calcul informatique élevée, fournie par les mineurs. Les mineurs sont des entités dont la fonction est d’alimenter le réseau en puissance de calcul, afin de permettre la mise à jour de la base de données décentralisée. Pour mettre à jour la base de données, les mineurs doivent confirmer les nouveaux blocs en décryptant les données.

Une concurrence existe entre les mineurs pour le décryptage des transactions, permettant à la puissance disponible sur le réseau de croître. N’importe qui peut prêter sa puissance de calcul pour miner, mais plus les mineurs sont nombreux plus la résolution des preuves est difficile à s’attribuer. Ainsi, le protocole peut devenir quasi-inviolable dès lors que la concurrence est forte à chaque nœud du réseau c’est-à-dire qu’aucun groupement de mineurs ne devient majoritaire1.

Les mineurs sont, dans le cas du Bitcoin, rémunérés pour le travail fourni à soutenir le réseau.

Principales applications

L’application plus connue de cette technologie est celle des crypto-monnaies comme le Bitcoin, l’Ethereum et le Dogecoin7. Dans ce cas la blockchain est une base de données contenant l’ensemble des transactions effectuées dans la crypto-monnaie. Cette technologie de stockage d’information décentralisé pourrait avoir d’autres applications que la crypto-monnaie. Ces nouvelles applications sont connues sous le terme générique de « Bitcoin 2.0 »8.

Cette technologie pourrait également réduire les coûts de paiement et, de manière plus générale, les coûts de transaction4. Les banques internationales ont fait des annonces en 2015 sur ces sujets. Vingt-cinq d’entre elles ont par exemple signé un partenariat avec une société américaine R3 pour l’utilisation de blockchains dans les marchés financiers9Citibank a également annoncé son souhait d’émettre sa propre cryptomonnaie, le Citicoin10.

Les assurances sont également en première ligne des bouleversements annoncés, grâce aux systèmes prédictifs dits « d’oracles » et surtout à la montée en puissance des assurances peer-to-peers11.

Des expérimentations sont en cours dans le domaine de l’industrie musicale, du contrôle des données ou encore de la supply chain, respectivement avec la gestion des droits d’auteurs (Ujo Music), la construction d’un cloud décentralisé (storj.io), et la traçabilité des matériaux (provenance).

La technologie est développée au Ghana par l’ONG Bitland pour créer un cadastre virtuel12.

Source : Wikipedia