Économie circulaire

L’économie circulaire est une expression générique désignant un concept économique qui s’inscrit dans le cadre du développement durable et qui s’inspire notamment des notions d’économie verte, d’économie de l’usage ou de l’économie de la fonctionnalité, de l’économie de la performance et de l’écologie industrielle (laquelle veut que le déchet d’une industrie soit recyclé en matière première d’une autre industrie ou de la même).

Son objectif est de produire des biens et services tout en limitant fortement la consommation et le gaspillage des matières premières, et des sources d’énergies non renouvelables ;

Selon la fondation Ellen MacArthur (créée pour promouvoir l’économie circulaire1), il s’agit d’une économie industrielle qui est, à dessein ou par intention, réparatrice et dans laquelle les flux de matières sont de deux types bien séparés ; les nutriments biologiques, destinés à ré-entrer dans la biosphère en toute sécurité, et des entrants techniques (« technical nutrients »), conçus pour être recyclés en restant à haut niveau de qualité, sans entrer dans la biosphère1.

 

Historique

L’économie circulaire s’inspire notamment de Michael Braungart et de William McDonough ou plus exactement de leur formulation de la théorie Du berceau au berceau (formalisée en 2002). Le premier livre sur l’économie circulaire en langue française paraît en 2009 (Économie circulaire : l’urgence écologique2 écrit par Jean-Claude Lévy), et attire alors l’attention des écologistes et des médias3,4.

Éléments de définition

L’économie circulaire se veut plus « écologiquement vertueuse » que les modèles économiques classiques qui basent le développement économique sur une production de richesse ou de plus-value se traduisant par une destruction de ressources5.

Elle promeut pour cela un système économique et industriel d’une part sobre en carbone et en énergie et d’autre part sobre en ressources naturelles pas, peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelables, fondé sur l’écoconception des produits et services qui doit favoriser le recyclage au meilleur coût.

Pour Arnaud Gossement, spécialiste du droit de l’environnement, malgré un travail et rapport du comité opérationnel no 31 sur « l’économie de fonctionnalité » faisant suite au Grenelle de l’environnement, « l’expression « économie circulaire » n’est pas tout à fait stabilisée »3 et l’expression ne figure pas dans la feuille de route pour la transition écologique écrite pour mettre en œuvre la conférence environnementale qui évoque elle une « transition écologique de l’économie ».

En tant que théorie, l’économie circulaire est compatible avec les théories de l’économie de la frugalité ou de la décroissance ou de la sobriété heureuse. Elle semble cependant également compatible avec un modèle classique optimisé et intégrant l’écoconception mais reposant toujours sur le recyclage rapide d’objets rendus désuets par la mode et la publicité ou par une obsolescence technique programmée.

L’économie circulaire présente entre autres deux enjeux environnementaux et économiques6. D’un premier côté l’enjeu est de pouvoir répondre à la problématique que posent l’obsolescence programmée des produits et la croissance importante de la consommation mondiale de matières premières. L’économie circulaire intervient dans l’optimisation de l’utilisation7 des ressources limitées (dont par exemple le foncier) ou en voie de raréfaction (quatorze minéraux ou métaux dont le béryllium, le cobalt, l’indium, le magnésium, les terres rares et le tungstène sont de plus en plus demandés par l’industrie, ce qui peut être source de tensions sociopolitiques et d’inégalités). Elle joue un rôle nouveau dans la gestion des déchets et du recyclage. À cet égard l’économie circulaire est un modèle innovant qui a pour objectif de rechercher l’efficience de l’économie des ressources8. Cela passe par le fait de donner une seconde vie aux produits et notamment par des méthodes de réemploi, de réparation et de réutilisation des matières premières. D’un autre côté l’économie circulaire conduit aussi à des avantages économiques. Cette méthode peut être facteur d’attractivité d’un territoire et d’opportunité d’emplois9. Le déploiement d’une économie circulaire permet de créer de nouvelles activités notamment dans le secteur de l’écoconception, gestion des ressources naturelles et des énergies renouvelables.

L’économie circulaire permet également la sécurisation des approvisionnements. Elle permet l’approvisionnement en ressources naturelles critiques, de répondre à de nouveaux modes de consommation et de réduire les coûts. Face à l’augmentation de la demande en ressources émanant de la population, et pour faire face à la raréfaction des ressources, certaines entreprises sécurisent leur approvisionnement en recyclant leurs propres produits ou en collectant puis recyclant les déchets. Pour répondre aux nouveaux modes de consommation, il existe la consommation collaborative. 48% des français pratiqueraient régulièrement la consommation collaborative et 80% d’entre eux compteraient la pratiquer. Les opportunités de réduction des coûts sont la réduction de la consommation des matières premières, la réduction du coût d’élimination des déchets ou le prolongement de la durée de vie des produits. Selon un rapport de McKinsey réalisé pour la Fondation Ellen MacArthur, l’économie circulaire permettrait aux entreprises d’économiser annuellement, plus de 240 milliards de dollars en Europe, en réduisant la consommation des matières premières10.

La fondation Ellen MacArthur, créée en 2010 avec un groupe de « partenaires fondateurs » — B&Q4BT Group CiscoNational Grid et Renault — pour inspirer un monde repensé et un avenir positif, a produit deux rapports2 sur l’économie circulaire (associée à l’économie de la fonctionnalité) et contribue à diffuser ce concept1.

Le concept d’économie circulaire est toutefois trompeur, selon les décroissants 11. Il fait fi des considérations exergétiques qui veulent qu’à chaque étape, quelle qu’elle soit, il faille introduire derechef de l’énergie dans le cycle. Par ailleurs, il est impossible d’empêcher entièrement la dissémination des matériaux. Le cycle théoriquement fermé s’avère en réalité pour partie ouvert.

 

Source : Wikipedia